Hannah Doucet
Alexis Lavoie
Gillian King

PEAU / SKIN - Hannah Doucet, Gillian King & Alexis Lavoie

Du 11 Mai au 17 Juin 2017

En réfléchissant sur la manière dont le monde nous affecte. Difficile de ne pas réaliser à quel point comme êtres humains notre peau peut être mince, plus mince que du papier parfois.
Les trois artistes présentés pour Peau / Skin à la Maison des artistes utilisent leurs peaux pour mesurer le confort – ou l’inconfort – du regardeur. En le construisant couche par couche par la superposition de la peinture ou le fixant comme une photographie, ils reproduisent le corps dans un processus de mise à nu, de fragilité, de vulnérabilité… Après tout, la peau est délicate et reflète les aléas de sa réalité même si certaines peaux s’épaississent et s’endurcissent laissant douter de l’habileté de ceux qui les endossent à ressentir le monde sous cette rigide
protection.

Les artistes dévoilent, palpent et grattent les moindres recoins de l’épiderme afin de l’incarner dans leurs œuvres. La peau sous tous ses états est manipulée, retournée, explorée jusqu’à ce que chaque terminaisons nerveuses de l’épiderme ait été stimulée, même celles qui souvent demeurent dans l’ombre.
Alexis Lavoie voit l’humour noir de la peau et utilise ce qui pourrait être la peau endurcie et tatouée d’un prisonnier endurci, ou des fragments de corps peints qui se dissolvent dans l’oubli, un peu comme les idées reçues de sagesse politique.

Gillian King travaille vigoureusement avec la toile et ses médiums. Les gestes qui en résultent révèlent des moments d’harmonie ou de joie contrastés avec des moments d’agression. Sa peinture gestuelle devient un crescendo d’hématomes, d’égratignures et de traces dans des œuvres qui sont de « l’envergure de l’animal humain » où le corps se reflète dans la toile, par l’utilisation des tons de chair et de peaux, de terre et de cendres.
Dans un tout autre type d’approche, Hannah Doucet, comme une couturière scientifique démente, imprime son corps sur le tissu pour ensuite coudre dans le coton rembourré ses contorsions. Les installations de Doucet explorent l’échec de la représentation et l’idée de la beauté dans la photographie. Pour cette exposition, l’artiste a créé une image sur mesure, à l’échelle humaine qui reflète les imperfections de notre propre peau.


La Maison des artistes aimerait remercier Eric Plamondon pour le commissariat initial de cette exposition.