UTU

Du 20 Novembre 2008 au 22 Janvier 2009
Marcel Gosselin

Causerie d’artiste et lancement de livre, le jeudi 20 novembre à 19 h—Vernissage 20 h

UTU, série de photographies 3D de Marcel Gosselin, présente de riches juxtapositions visuelles multicouches qui amènent l’observateur à faire l’expérience d’une mutation des images : du plat au tridimensionnel, du double au simple, du mobile au fixe.

Détenteur d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université du Manitoba, le natif de Saint Boniface travaille comme sculpteur, photographe et concepteur d’installations depuis 1967. UTU, série axée sur la découverte de soi, est délibérément mystérieuse, proposant des énigmes sans réponses.

Gosselin construit ses œuvres de façon surréaliste comme au théâtre, superposant des objets sur des arrière plans photographiés. Dans certains cas, les objets représentent ce qu’ils sont réellement; dans d’autres, ils renvoient à autre chose. Dans Le Ciel Orange, le quartier d’orange suspendu au-dessus d’une route exposée à la poudrerie soulève de nombreuses questions : Où est le soleil ? La lune? Nourriture dans le vide?

Les préoccupations environnementales et les questions mondiales font partie intégrante des compositions de Marcel Gosselin. Combinant, d’une part, des éléments naturels et, d’autre part, des structures et symboles d’origine humaine, Gosselin affirme que « en dernière instance, la nature prolifère et envahit les constructions ». Le barbelé traite de la pénurie mondiale de vivres. Des mots forment, sur la prairie, une clôture de barbelés qui bloque les livraisons de nourriture là où on en a besoin. L’énorme cuillère souillée de terre est percée en son centre.

Les mots sont importants et ont une double signification. UTU, lettres centrales de « futur », représentent le « futur annihilé », ainsi que le dieu du soleil (UTU) dans la mythologie sumérienne. Gosselin regarde-t-il vers le passé, oblitère t il le futur ou propose-t-il des solutions à des problèmes mondiaux pour assurer un avenir meilleur? Ses textes d’accompagnement en français et en anglais, intentionnellement différents les uns des autres, accentuent ces énigmes.

Vus en 3D, ses contextes altérés à la fois humoristiques et lugubres sont dérangeants. Offrant une réflexion poignante sur la société contemporaine, Obusif représente des personnages de contes de fées semblables à Cendrillon disparaissant dans des trous. Dans La Mue, l’artiste se cache derrière un masque qui semble s’envoler comme le pétale qui flotte sous lui ou rappelle une peau en train de se détacher. Dans son autoportrait, Le Would Man, Gosselin apparaît, transparent, devant un rideau d’arbres.

Ses intentions sont voilées, ses œuvres complexes. Gosselin cherche à créer un climat de mystère qui nous place devant cette interrogation : qu’est-ce qui est réel?

Texte : Patricia Bovey, FRSA

Merci aux commanditaires :

  • Conseil des Arts de Winnipeg
  • Conseil des Arts du Manitoba
  • Patrimoine canadien
  • Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes